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Méthode

Personne ne contrôle ses bordereaux de commissions

4 septembre 20266 min

C'est l'un des rares sujets dont les courtiers parlent entre eux mais que personne n'écrit : les bordereaux de commissions arrivent chaque mois, dans des formats différents, et presque personne ne les vérifie ligne à ligne. Non par négligence, mais parce que la vérification manuelle est matériellement infaisable.

Pourquoi c'est infaisable à la main

Un cabinet qui travaille avec six compagnies reçoit six bordereaux, à six dates différentes, dans six formats différents : un PDF chez l'un, un Excel chez l'autre, un export CSV depuis l'extranet chez le troisième. Les libellés de contrat ne correspondent pas à ceux de votre logiciel, les numéros de police sont parfois tronqués, et le taux appliqué n'apparaît pas toujours.

Pour contrôler sérieusement, il faudrait rapprocher chaque ligne du bordereau du contrat correspondant dans votre portefeuille, recalculer la commission attendue, puis expliquer l'écart. Sur quelques centaines de contrats, c'est plusieurs jours de travail par mois. Personne ne les a.

Les écarts les plus fréquents

  • Une commission qui ne tombe pas du tout : le contrat a été souscrit, la commission n'a jamais été versée, et personne ne s'en aperçoit parce qu'une absence ne se voit pas dans un tableau.
  • Un taux appliqué inférieur à celui de la convention, souvent sur une famille de produits précise plutôt que sur tout le portefeuille.
  • Une reprise sur commission après résiliation, légitime dans son principe, mais calculée sur une période erronée.
  • Un contrat commissionné une fois puis oublié aux échéances suivantes, alors que la prime continue d'être encaissée.
  • Une affaire nouvelle payée au taux du renouvellement, ou l'inverse.

Le biais qui coûte le plus cher : on repère assez bien une ligne fausse, jamais une ligne absente. Or c'est le contrat qui ne figure nulle part sur le bordereau qui représente le manque à gagner le plus durable, parce qu'il se répète à chaque échéance.

La bonne unité de contrôle

L'erreur de méthode consiste à partir du bordereau pour vérifier qu'il est juste. Il faut faire l'inverse : partir de son portefeuille et se demander, pour chaque contrat en vigueur, si une commission est bien tombée sur la période. C'est le seul sens de lecture qui rend visibles les absences.

Ce renversement change tout, parce qu'il transforme un travail de relecture en une simple comparaison entre deux listes : les contrats actifs d'un côté, les lignes commissionnées de l'autre.

Ce qu'il faut avoir en place

  • Le taux de commission stocké sur le contrat lui-même, pas dans une convention rangée à part : sans taux attendu, aucun écart n'est calculable.
  • Un identifiant de rapprochement fiable entre votre contrat et la ligne du bordereau, en général le numéro de police normalisé.
  • L'import des bordereaux dans leur format d'origine, sans ressaisie : toute recopie manuelle réintroduit les erreurs qu'on cherche à détecter.
  • Un historique conservé sur plusieurs mois, seul moyen de repérer un contrat commissionné puis oublié.
  • Une distinction claire entre affaire nouvelle et renouvellement, puisque les taux diffèrent.

Ce que ça change en pratique

Un contrôle systématique ne sert pas qu'à récupérer de l'argent. Il donne une vision nette de ce que rapporte réellement chaque compagnie et chaque famille de produits, ce qui est une information commerciale de premier ordre au moment de renégocier une convention ou d'arbitrer où placer ses affaires.

Chez AELIAM, les bordereaux s'importent tels quels et se rapprochent automatiquement des contrats du portefeuille. Les écarts et les commissions manquantes remontent seuls, sans relecture ligne à ligne.

Vérifiez un mois de commissions

Importez un bordereau et regardez ce qui ne se rapproche d'aucun contrat.