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Responsabilité civile professionnelle : quoi remettre au client, et la fiche conseil

Le contrat où le recueil des besoins pèse le plus lourd : la couverture dépend entièrement de ce que le client fait réellement, et l'activité déclarée est la première cause de refus de garantie au sinistre.

Mis à jour le 5 septembre 2026. À adapter à chaque dossier ; ne remplace pas un conseil juridique.

1. Ce qu'il faut remettre avant la signature

Sept pièces, deux auteurs. Ce qui vient du courtier se rédige ; ce qui vient de l'assureur se remet tel quel, dans sa version en vigueur.

PièceQuiQuandTexte
Document d'entrée en relation (DER)

Identité, ORIAS, nature du conseil, liens avec les assureurs, rémunération, réclamations. Une fois par client, à renouveler si l'un de ces éléments change. Générer

courtierAu premier contact, avant tout conseilArt. L.521-2 et R.521-1 C. assur.
Fiche d'information et de conseil (recueil des besoins + conseil motivé)

La pièce que le contrôle ACPR lit en premier. Datée, signée par le client, conservée avec le dossier.

courtierAvant la proposition, mise à jour à chaque changement de situationArt. L.521-4 C. assur.
Document d'information sur le produit d'assurance (DIPA / IPID)

Rédigé par l'assureur, au format européen. Ne jamais le réécrire ni le résumer : on remet celui du contrat proposé, dans sa version en vigueur.

assureurAvant la souscription, pour chaque contrat proposéArt. L.112-2 C. assur. ; règlement d'exécution (UE) 2017/1469
Conditions générales, notice ou projet de contrat

Un exemplaire du projet de contrat et de ses pièces annexes, ou une notice d'information décrivant garanties, exclusions et obligations de l'assuré.

assureurAvant la souscriptionArt. L.112-2 C. assur.
Devis ou proposition chiffrée

Prime, franchises, plafonds et garanties retenues, cohérents avec la fiche conseil.

assureur (via le courtier)Avant la souscriptionArt. L.112-2 C. assur. (fiche d'information sur le prix et les garanties)
Mandat de recherche ou d'étude (si le courtier agit sur mandat)

Facultatif, mais il fixe ce que le client vous demande et protège les deux parties. Utile dès qu'on résilie un contrat en place pour le compte du client.

courtierAvant toute démarche auprès des compagniesDroit commun du mandat (art. 1984 s. C. civ.)
Preuve de remise (accusé de réception ou signature)

Papier signé, ou support durable avec accord du client (e-mail avec accusé, signature électronique). Sans preuve, la remise n'existe pas pour un contrôleur.

courtierAu moment de la remiseArt. L.521-6 C. assur. (support durable)
  • Extrait Kbis ou inscription au registre, chiffre d'affaires et effectif : ils déterminent l'assiette de prime et le périmètre de l'activité garantie.
  • Pour les professions réglementées (santé, droit, bâtiment, intermédiation) : attestation de l'assureur au format exigé par l'ordre ou l'autorité, et vérification que le contrat couvre l'obligation légale.

2. La fiche d'information et de conseil, modèle à imprimer

La seule pièce que le courtier écrit lui-même. Trois parties : ce que le client a dit de sa situation, ce que vous lui conseillez et pourquoi, ce qui n'est pas couvert et qu'il a lu. Datée, signée, conservée avec le dossier.

Fiche d'information et de conseil · Responsabilité civile professionnelle

Cabinet : ________________________________ · N° ORIAS : ______________

Client : _________________________________ · Date : ____ / ____ / ________

Établie en application de l'article L.521-4 du Code des assurances, sur la base des informations communiquées par le client.

A. Recueil des exigences et des besoins

L'activité, telle qu'elle est exercée

  • Activités précises (pas le code NAF : ce que le client fait, vend, conseille, installe), part de chacune dans le chiffre d'affaires
  • Sous-traitance donnée ou reçue, activités à l'étranger, clients particuliers ou professionnels
  • Effectif, dirigeants, chiffre d'affaires des deux derniers exercices

Les risques identifiés avec le client

  • Dommages possibles aux tiers : corporels, matériels, immatériels consécutifs ou non
  • Faute professionnelle, erreur de conseil, retard, perte de documents ou de données
  • Obligations contractuelles imposées par des clients ou des donneurs d'ordre (plafonds minimaux, garantie exigée)

Les antécédents et les attentes

  • Sinistres et réclamations des 5 dernières années, contrats en cours ou résiliés
  • Plafonds et franchises souhaités, budget, protection juridique, défense pénale
  • Garanties connexes envisagées : RC exploitation, cyber, dirigeants (RCMS)

B. Conseil motivé

  • Le contrat proposé, l'assureur et la définition exacte de l'activité garantie, recopiée telle qu'elle figurera aux conditions particulières
  • Les plafonds et franchises retenus et pourquoi ils sont cohérents avec le chiffre d'affaires et les risques identifiés
  • Ce qui n'est PAS couvert : activités exclues, exclusions de garantie, base de déclenchement (fait générateur ou réclamation) et reprise du passé
  • Si le client refuse une garantie conseillée (RC exploitation, cyber, plafond supérieur) : mention de son choix, datée

C. Ce qui n'est pas couvert, porté à la connaissance du client

Exclusions et limites propres au contrat proposé (reprises du DIPA et des conditions générales de l'assureur), commentées avec le client. Points d'attention fréquents pour cette famille :

  • ☐ Activité non déclarée ou exercée hors du périmètre décrit aux conditions particulières
  • ☐ Amendes et pénalités, dommages intentionnels, litiges antérieurs connus à la souscription
  • ☐ Souvent : dommages aux biens confiés, cyber et données, sauf extension explicite

Le client reconnaît avoir reçu, avant la souscription : le document d'entrée en relation, le document d'information sur le produit (DIPA), les conditions générales ou la notice, et le devis du contrat proposé.

☐ Le client suit le conseil du cabinet.    ☐ Le client retient une couverture inférieure à celle conseillée, en connaissance des limites signalées ci-dessus.

Le courtier

Le client, précédé de « lu et approuvé »

3. Les pièges qu'on voit le plus souvent

  • Une activité décrite par le code NAF plutôt que par ce que fait le client : au sinistre, l'assureur oppose l'activité non déclarée.
  • Un plafond choisi sur le prix sans lien avec les obligations contractuelles du client : la fiche doit montrer le rapprochement.
  • Oublier la reprise du passé lors d'un changement d'assureur : les réclamations relatives à des faits antérieurs ne sont plus couvertes.

Références

Modèle rédigé par AI Soft SAS à partir des textes cités et de l'usage dans un cabinet de courtage. Il ne décrit aucun produit à la place de l'assureur et ne remplace pas un conseil juridique.

La fiche conseil pré-remplie depuis la fiche client

Dans AELIAM, le recueil des besoins vient du dossier, le conseil se motive en face des devis reçus, et la fiche part signée, datée et rattachée au contrat.